Hydrocarbures: le tiers des trafics, une répartition équilibrée

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Les entrées de produits pétroliers raffinés sont d’une grande stabilité sur le port de La Rochelle. Avec 2,5 Mt en 2006, ils sont en très léger retrait de 0,51 %. Mais, le volume tourne autour de ce chiffre depuis des années. L’hinterland du port est limité au nord par Donges et au sud par Bassens. Il ne peut s’étendre que vers l’est, en gros jusqu’à Limoges et la Creuse. "C’est un trafic qui a atteint sa maturité, explique Bernard Rabot, chef de dépôt à la SDLP (Société du dépôt de La Pallice). Il varie avec les aléas climatiques, mais il ne peut plus croître significativement. Il aura plutôt tendance à baisser avec les efforts pour économiser et diversifier l’énergie."

Le trafic global du Port autonome de La Rochelle étant de 7,3 Mt en 2006, les produits pétroliers représentent 34 % du volume. C’est aussi une constante du port depuis longtemps, un tiers de produits pétroliers, un tiers de céréales et d’oléagineux et un dernier tiers d’autres marchandises, dont les bois et les pâtes à papier. "Les recettes que tire le port des trafics d’hydrocarbures représentent 3,5 M€, soit un cinquième des recettes dont le total est de 14 M€, annonce Dominique Marquis, directeur commercial du port autonome. Cette activité est génératrice de produits et de charges et pèse sur les résultats, bien évidemment. Mais nos trafics sont équilibrés et diversifiés et nous ne comptons pas sur les hydrocarbures pour compenser d’autres trafics qui seraient déficitaires. Nos tarifs ne sont pas établis dans cette optique."

Le port autonome vient d’ailleurs de revoir ses tarifs d’outillage et de location de hangars. Le conseil d’administration a estimé qu’ils étaient trop loin des prix du marché et a décidé de s’en rapprocher. L’outillage sera donc moins déficitaire qu’il ne l’était jusqu’ici et la nouvelle gestion de la location des hangars devrait permettre au port de financer les investissements qu’il a prévus. Il ne s’appuie donc pas pour ça sur les hydrocarbures.

"La politique tarifaire du port est raisonnable, indique Olivier Bourdu, le directeur du premier dépôt portuaire de La Pallice, celui de Picoty. Les augmentations que nous subissons sont correctes. D’ailleurs, il n’est pas question pour nous d’être la vache à lait du port, nous restons vigilants là-dessus. Et le site doit rester concurrentiel."

Des dépôts privés

La Rochelle n’accueille plus que deux entreprises pétrolières, Picoty et SDLP. SDLP a repris l’ancien dépôt de Total et le dépôt des Raffineries du Midi a été partagé entre Picoty et Stock Atlantique (filiale de la Sica Atlantique, le silo céréalier). Les capacités de stockage sont proches de 550 000 m3. Tous les dépôts sont privés, sauf ceux du service des essences aux armées. Les pipelines qui courent depuis l’appontement pétrolier jusqu’aux cuves sont également privés. Picoty en possède deux, un 24’ et un 12’, SDLP le troisième de 16’. Les pétroliers ne paient donc au port que les droits sur la coque et la marchandise.

Les capacités de stockage sont suffisantes, mais Picoty envisage la construction d’une nouvelle cuve de 40 000 m3 tandis que SDLP a augmenté les siennes par l’achat de 60 000 m3 à Total (cuves déjà existantes qui n’augmentent donc pas les capacités). Sur le tonnage effectué en 2006, Picoty a réalisé 1,66 Mt et SDLP le reste.

L’avenir appartient aux biocarburants

Mais les vraies perspectives d’évolution vont venir des biocarburants. "Nous faisons déjà rentrer des esters méthyliques huile végétale (EMHV), explique Olivier Bourdu. Nous avons commencé à les mélanger dans le gazole en fonction de la réglementation existante. Jusqu’ici nous les faisions arriver par train, mais le premier navire est arrivé courant janvier." Chez SDLP, on ne se fournit pas encore en biocarburant, mais ça viendra tôt ou tard.

Ce qui va changer la donne est le projet porté par la Sica Atlantique d’une usine qui va produire 60 000 t de biocarburants. Ce projet est bien avancé puisqu’il est entré dans sa phase de réalisation. L’agrément a été donné par l’État pour un pilote de 10 000 t et la production de 50 000 t. La société qui doit construire l’usine et la faire fonctionner est créée, une partie du personnel embauché (les cadres et ingénieurs), les plans en cours.

Lors de la dernière assemblée générale de la Sica Atlantique, le 16 novembre, Jean-Pierre Esterez, son directeur, avait présenté le bébé. Le Holding Atlantic Invest (HAI), comprenant 46 coopératives agricoles actionnaires de la Sica, est la société porteuse. Elle est actionnaire à 51 % de la société Bionergy. Les deux autres partenaires sont Sofiprotéol (qui représente la filière agricole) pour 34 % et Picoty pour 15 %. Le terrain d’implantation de l’usine appartient à la Sica Atlantique. Il se trouve de l’autre côté de la rue par rapport à ses silos et à proximité des cuves de Picoty.

La technique de fabrication choisie est originale puisqu’il s’agit de produire des esters éthyliques à partir de colza. Le procédé Multival mis au point par Valagro, un laboratoire de recherche poitevin, permet d’obtenir le produit directement à partir de la graine sans trituration pour un coût qui est la moitié de celui des esters méthyliques. "La première pierre de l’usine devrait être posée au cours du premier semestre 2007, a annoncé Jean-Pierre Esterez. Les travaux prendront douze mois et il faudra ensuite de trois à six mois de mise au point pour que l’usine soit opérationnelle."

Une partie des machines pour cette production n’existent pas. Il faut les construire. Il reste donc des inconnus à résoudre avant de voir les premiers milliers de tonnes remplir les cuves. Cette activité aura une incidence sur les trafics portuaires en importation (éthanol) et en exportation de marchandises, mais il est encore trop tôt pour en mesurer l’importance. Mais, c’est certainement de là que viendront les évolutions dans les trafics d’hydrocarbures.

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