Bis repetita placent. Avec 15 jours de décalage, le ministre des Transports, Dominique Perben, confirme les informations de Michel Aymeric, directeur des Affaires maritimes, relatives au contrôle des navires étrangers dans les ports français (JMM du 19-1-2007, p. 5). En effet, le 30 janvier, le cabinet du ministre "claironnait" qu’en 2006, le taux de contrôle devrait être supérieur à 30 %. Ces résultats ont été obtenus grâce aux recrutements d’inspecteurs. En 2000, la France comptait 78 inspecteurs de la sécurité des navires (ISN), dont 54 étaient habilités pour procéder à ces contrôles. Elle compte aujourd’hui 128 ISN, dont 82 habilités.
Quatre-vingt-trois navires étrangers ont été immobilisés en 2006 dans les ports français pour cause de déficiences "graves". "Ce nombre de navires détenus confirme le « ciblage » croissant des navires à risques au travers, notamment, de la qualité des systèmes d’information utilisés par les services de contrôle français" (ou non; car tous les États membres du Mémorandum de Paris travaillent sur la même base de données, ndlr). "La France anticipe ainsi la mise en œuvre du nouveau régime européen de contrôle des navires présenté fin 2005 par la Commission dans le cadre du paquet Erika III, pour lequel Dominique Perben a donné d’ores et déjà son accord. Le projet de directive instaure en effet un régime d’inspection qui repose sur une analyse des risques conduisant à inspecter à des fréquences rapprochées les navires dont le profil de risques apparaît élevé."
Cette "victoire" est à rapprocher des 92 détentions décidées dans les ports britanniques l’an dernier. Et contrairement à la pratique française, les détentions britanniques sont signalées chaque mois par le site internet de la Maritime and Coastgard Agency avec le nom des navires, leurs principales caractéristiques et les raisons de la décision.
Si les détentions dans les ports de France et de Grande-Bretagne sont dans le même ordre de grandeur, les moyens et les résultats des BEA-mer britanniques et français ne le sont pas; tant s’en faut. Et là, le clairon est muet.