Relativement discret d’ordinaire, le Shom a tenu à faire honneur au retour du Beautemps-Beaupré, un bâtiment hydrographique et océanographique (BHO) de la Marine lancé en 2004 en partenariat avec l’Ifremer (95 % Marine et 5 % Ifremer).
Il est vrai que le navire de 80,60 m de long et 2 125 tonnes de déplacement lège n’avait pas revu Brest depuis 320 jours. Une mission record qui valait bien que le tapis rouge soit déployé et que les petits plats soient mis dans les grands. Rien d’exceptionnel cependant si l’on en croit Laurent Kerléguer, le directeur de la Mission océanographique de la Marine (MOA). "Depuis l’admission au service du Beautemps-Beaupré, le rythme annuel est de 300 jours tous les ans." Ce qui finalement est assez peu connu hors les murs du Shom.
C’est d’ailleurs là que le bât semble blesser. "Nous souffrons globalement d’un déficit de communication, explique le directeur de la MOA, notre savoir-faire est d’un haut niveau qualitatif, mais le faire savoir n’est pas trop dans nos habitudes."
Pourquoi alors ce soudain changement d’attitude? Plusieurs raisons l’expliquent. Avant tout, le Shom va prochainement bénéficier d’un changement de statut qui le fera passer en EPA (Établissement public à caractère administratif). Et dans cette perspective se profile, à terme, l’idée d’une diversification. "Nous souhaitons pouvoir faire bénéficier d’autres acteurs que la Marine de nos compétences", confirme Laurent Kerléguer. Et rien de tel que de parler activités variées du Beautemps-Beaupré réalisées lors ce long déploiement. Le patron de la MOA ne tarit d’ailleurs pas d’éloges sur le navire construit chez Aker Lorient (ex Leroux et Lotz). "Les performances de ce bâtiment sont tout à fait exceptionnelles, et ce, à plusieurs titres. D’abord, la capacité à se déployer plus de 300 jours par an est inédite dans la Marine. Ensuite, les instruments de haute technologie embarqués confèrent une très grande productivité et une très grande précision aux levés hydrographiques. Enfin, l’ensemble est assuré avec un grand souci d’économie grâce à la conception de la propulsion et au niveau d’automatisation qui permet de limiter le personnel." Sur un plan technique, le bâtiment blanc a bien sûr réalisé des opérations hydrographiques, océanographiques et météorologiques pour le compte de la Défense, et en particulier pour le groupe aéronaval de la Marine. Mais il a également participé à des missions d’action de l’État en mer et travaillé pour la recherche (prévisions océanographiques, environnement…).