"Le syndicat maritime Nord CFDT appelle les salariés du dragage du Port autonome de Dunkerque, ainsi que ceux des ferries de SeaFrance, à cesser le travail le 17 octobre pour 24 heures." Tel est l’appel lancé le 2 octobre dernier, où, étonnamment, sont associées deux catégories de personnel marin aux problèmes bien différents.
Le syndicat appelle à manifester, pour la seconde fois au siège du Conseil régional à Lille, pour:
• "protester contre la délocalisation du dragage des ports de Calais et Boulogne-sur-Mer, que la région entend confier aux intérêts privés belges ou hollandais, à partir du 1er janvier 2007";
• "refuser que la région subventionne à grands frais une passerelle fret low cost à Boulogne-sur-Mer, sans s’inquiéter des conséquences prévues pour SeaFrance et ses 1 600 emplois";
• "dénoncer le manque de concertation et le mépris qu’affiche le président de région (Daniel Percheron, NDLR) pourtant alerté par la CFDT depuis plus d’un an";
• et "s’indigner que le président de la région ait fait le choix de la répression policière lors de l’occupation pacifique du hall du conseil régional par la CFDT le 28 septembre 2006."
Ce jour-là, en appui de leurs revendications concernant le dragage, une trentaine de marins CFDT avaient occupé le siège de la place Rihour vers midi, avant d’en être délogés manu militari deux heures plus tard. Le secrétaire du Syndicat maritime Nord CFDT, Didier Cappelle, se dit prêt à renoncer à la grève et à la manifestation, si le dialogue reprend. Pour le moment, il estime que le président Daniel Percheron est "parti en guerre contre les marins".
Dragage: la René-Gibert désarmée
La drague du GIE Dragage Port René-Gibert sera désarmée le 31 octobre, confirme le directeur exploitation du Port autonome de Dunkerque (PAD), Philippe de Place. Sur deux bordées de 19 marins, 6 sont retraités, remplacés jusqu’au 31 par des CDD, 4 autres départs sont prévus au 1er novembre. Les négociations du plan social sont engagées. Le PAD propose 9 départs en préretraite, 7 postes de marins en reclassement dans d’autres ports ou navires, 12 en reclassement interne à des métiers sédentaires. La décentralisation des ports d’intérêt national, “95 % du plan de charge de la René-Gibert”, selon Philippe de Place, a provoqué la décision, annoncée il y a un an et demi. La CFDT, indique Richard Toron, secrétaire du syndicat du dragage, avait alerté le président du Conseil régional depuis plus d’un an pour engager ce dernier à armer un navire en régie, dans le nouveau cadre défini par la loi, éventuellement en collaboration avec les Régions Haute et Basse-Normandie. “Comment prendre une décision alors que la décision de transfert de l’autorité portuaire n’est pas encore tombée”, commente le porte-parole du président du Conseil régional Daniel Percheron. Sans réponse, cet été et perdant patience, la CFDT a décidé de passer à l’action, d’autant que les marins estiment que ce “président socialiste” favorise outrageusement les compagnies étrangères low-cost qui prennent, ou veulent prendre Boulogne et Calais pour base, au détriment de SeaFrance.
A.S.