Les réunions se multiplient depuis plusieurs jours et le feuilleton du remorquage au Havre continue. Le 9 octobre à la préfecture de Rouen, les représentants des Abeilles et de la Société nouvelle de remorquage au Havre (SNRH) ainsi que l’intersyndicale se sont rencontrés pour évoquer le protocole rédigé par le préfet Jean-François Carenco, un texte relatif à la sécurité et à l’armement des remorqueurs. C’est une première, puisque les différents acteurs du dossier ne s’étaient pas réunis autour d’une table depuis de longs mois. À l’issue d’un marathon de trois heures et demie, les différents intervenants se sont séparés sans trouver un accord. Le 10 octobre au soir, une nouvelle concertation s’est déroulée à la préfecture, là encore sans résultat probant. Le fonds du problème reste le même.
Si la SNRH a obtenu gain de cause au mois de septembre face au Port autonome du Havre (PAH) qui lui avait retiré son agrément, la CGT et les Abeilles estiment que la SNRH ne donne toujours pas les garanties suffisantes pour assurer un service continu dans le port du Havre. "Le compte n’y est toujours pas. Il existe un point de blocage. La SNRH persiste à vouloir assurer un service en discontinu avec un effectif restreint. Nous resterons fermes sur ce point, sinon un conflit de grande ampleur bloquera tous les ports de France", explique Yves Peignart, coordinateur national CGT du remorquage.
PLAN SOCIAL
Aux Abeilles, on craint également la casse sociale, conséquence inévitable selon les syndicats. On évoque notamment la suppression de quatre remorqueurs sur les neuf existants et le licenciement de 80 salariés sur un effectif total de 179 personnes travaillant actuellement aux Abeilles. À la SNRH, on reste serein. "Aujourd’hui, la SNRH est en mesure de travailler sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre avec du personnel à bord et du personnel en stand by. La justice nous a récemment donné raison. Tous les feux sont au vert pour démarrer notre activité", explique Mathieu Croix, avocat de la SNRH. Les grandes manœuvres se poursuivent donc. Le préfet devait à nouveau rencontrer la SNRH. La coordination nationale CGT du remorquage se réunit à Paris et les Abeilles, en assemblée générale le 11 octobre, attendent les conclusions de ce nouveau tour de table. Le spectre du blocage des ports est toujours en suspens.