Le trafic cumulé au 31 août s’élève à 22, 7 Mt, en baisse de 0,1 %. Globalement, les trafics sont donc stables malgré une perte sur les produits raffinés et une stagnation globale des trafics énergétiques qui progressent moins vite que prévu. Ce qui veut dire que ce sont les marchandises diverses qui compensent cette baisse, et tirent le port actuellement, avec + 14,8 % à l’import. "C’est très intéressant, car nous sommes alors moins dépendants des trafics énergétiques, et c’est la confirmation que nous sommes bien au service de l’économie régionale. Elle se sert de notre port. Si on était trop cher, socialement catastrophique, opérationnellement déprimé, l’économie régionale utiliserait d’autres ports. Nous sommes reconnus, et nous avons là l’affirmation d’un climat de confiance de l’économie régionale par rapport au port", souligne Christophe Planty, directeur des trafics du Port autonome de Nantes/Saint-Nazaire.
Le trafic conteneur gagne 1,4 %, les aciers 90 % et la ferraille s’est redéveloppée. Beaucoup de produits recyclés, issus de la première industrie, sont réexportés, ou importés pour une deuxième vie. "Ce ne sont pas des grands flux. C’est une somme de petits flux. Il faut saluer également la performance du groupe Arcelor-Mittal qui fait de plus en plus de maritime", constate le directeur des trafics.
Reprise attendue en ro-ro
À propos des aliments pour bétail, "on est conforme aux tableaux de marche et aux prospectives du port, puisqu’on fait – 10 %, avec 1,3 Mt. La prévision était de – 9 %". La grippe aviaire et les restructurations de l’agroalimentaire dans l’Ouest y sont pour beaucoup. Quant aux engrais, les trafics à l’import sont également négatifs, suite à la fermeture de l’usine Soferti. Les céréales, quant à elles, continuent à battre des records avec une progression de + 35,3 %. "Ce qui confirme le bon positionnement du port, la saison dernière ayant déjà été exceptionnelle", insiste Christophe Planty.
"En ro-ro, on subit les méventes du groupe PSA, et les réorganisations du secteur logistique automobile dans son ensemble. Ce qui se traduit par une baisse du trafic de 9,1 %. Mais avec les nouveaux modèles, tout le schéma d’approvisionnement du réseau est en train de se mettre en place. On s’attend à ce que septembre, octobre et novembre, soient des mois de reprise", espère le directeur des trafics.
Le bois en conventionnel continue à diminuer en volume, - 33,2 % à 100 01 t. La faillite de l’armateur Secam, qui importait exclusivement sur Nantes du bois d’Afrique en grumes, en est l’une des causes. Sinon, une grande partie des baisses de volume en grumes, à Cheviré (Nantes), est récupérée au terminal à conteneurs de Montoir du fait de la conteneurisation des bois. Ce qui est difficilement chiffrable: "Sur les 33,2 % de baisse à Cheviré, on doit facilement récupérer 20 % à Montoir ", estime Christophe Planty.
Le pétrole brut perd 1,6 % à 6,9 Mt. Cette baisse, "soit 69 000 t, l’équivalent d’un navire", est jugée insignifiante. Les produits raffinés sont également à la baisse (- 7,6 %), avec 3,6 Mt. Le trafic est malgré tout jugé stable. Le charbon reste également stable, avec une petite augmentation de 0,9 % pour 1,3 Mt
Quant au gaz naturel,le port s’attendait à une augmentation de 15 à 20 %, elle est seulement de 5 %, avec 4,4 Mt . C’est lié au marché mondial, avec des cargaisons qui ont été détournées sur les États-Unis.
“Il y a une dynamique économique forte, mais la réactivité administrative doit continuer à s’améliorer", souhaite Christophe Planty.