"C’est un dossier qui motive l’ensemble des collectivités. Il y a un fort consensus et une grande motivation des huit membres de l’Acel autour de ce projet", souligne Gaëlle Rougeron, secrétaire générale de l’Acel, en charge du dossier.
Pour mémoire, Bruxelles a déterminé des projets qui s’inscrivent dans un réseau transeuropéen de transport (RTE-T), définissant une politique sur la réduction du routier. L’une des solutions serait la création d’autoroutes de la mer pour concentrer les flux de fret sur des itinéraires maritimes selon quatre axes: Baltique, Atlantique/Manche/mer du Nord, Ouest-Méditerranée/Malte, et Adriatique/Chypre.
Pour se faire, il faut la proposition de deux États membres. C’est chose faite pour la France et l’Espagne. Le 26 juillet dernier, la commission intergouvernementale (CIG) franco-espagnole a été mise en place pour faire une sélection de projets d’autoroute de la mer sur la façade Atlantique/Manche/ mer du Nord (JMM du 25-08-2006, p. 6). Une sélection qui sera proposée aux ministres des Transports de chacun des deux pays. "Cette commission, nous l’attendions depuis des mois. Elle a pour objet de rédiger le cahier des charges d’un appel à projets franco-espagnol d’autoroute de la mer. Nous ne connaissons toujours pas les termes de cet appel à projet. On nous l’annonce pour octobre-novembre", explique Gaëlle Rougeron. "Un calendrier avait été émis en juin dernier par les deux ministères. L’appel à projets devrait sortir au cours du dernier trimestre 2006, avec une sélection définitive des projets pour juin 2007. Va-t-il être respecté? On l’ignore tout à fait", précise la secrétaire générale.
"Aujourd’hui, nous sommes également dans une phase plus opérationnelle, de montage concret du dossier. C’est-à-dire de trouver des engagements des acteurs et des professionnels autour du concept d’autoroute de la mer."
"Ce n’est pas du cabotage"
L’un des points forts du projet franco-espagnol réside dans la situation géographique à la fois du port de Montoir et de celui de Bilbao. "Dans la mesure où ce n’est pas du cabotage, c’est un pont maritime entre deux points A et B. Il y a une chaîne de transport. Et, l’un des maillons de cette chaîne se fait par navire, par voie maritime. Il faut que cela soit fluide, avec un minimum de formalité. Comme pour le système autoroutier, vous avez une carte de péage à l’entrée, vous avez une carte de péage à la sortie. La route continue entre Montoir et Bilbao. C’est l’ADSL du transport maritime", confie la secrétaire générale.
Trois départs par jour sont prévus dans chaque port, soit six rouliers avec des terminaux dédiés et un objectif de 150 000 remorques non accompagnées par an. "C’est le même principe que le train. Qu’il soit rempli ou non, il part. Afin d’offrir une qualité de service en termes de fréquence. C’est quelque chose de novateur", insiste Gaëlle Rougeron.
L’Acel, association créée en 1989, regroupe les quatre grandes collectivités de l’estuaire et les quatre grands acteurs économiques. C’est-à-dire la Région des Pays de la Loire, le Département de Loire-Atlantique, Nantes-métropole, la Carène (Communauté d’agglomération de la région nazairienne et de l’estuaire), pour les collectivités; les deux CCI de Nantes et Saint-Nazaire, le port autonome et l’UMNP (Union maritime Nantes ports), pour les acteurs économiques. L’Acel a pour objectif le développement harmonieux de l’estuaire de la Loire, entre Nantes et Saint-Nazaire. Avec à sa tête le président du conseil général, Patrick Mareschal, son conseil d’administration est composé des huit présidents de ces entités, qui en cas d’absence ne peuvent pas se faire représenter.