Laitiers et clinkers en mouvement

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Avec 2,626 Mt, sables non compris qui eux recul de 12,5 % à 528 000 t, le trafic des autres vracs solides du PAD a fait tout juste jeu égal avec l’an dernier. Mais cette apparente stabilité cache d’importantes disparités. Ainsi, si les laitiers sont en hausse de 46 % à 572 000 t, les sucres en vrac reculent de 40 %, les ferrailles de 62 % et les carbonates de 33 % en maritime. Pour les carbonates, il faut noter qu’un important transfert a été effectué sur la voie d’eau, après transbordement à Rotterdam. Les sinters, destinés au producteur de ferromanganèse RDME sont eux aussi en baisse. Les trafics de cokes de pétroles, d’agrégats de Norvège, de chaux chargée à destination des papetiers scandinaves sont stables. À noter la naissance d’un nouveau trafic de sels de déneigement, à l’initiative d’une filiale de Salins du Midi. Ces trafics sont partagés entre les manutentionnaires Sea-Bulk, très actif au quai de Grande-Synthe et au terminal multivracs du bassin minéralier, et Dewulf-Cailleret au quai F13 dont il est l’exploitant, pour les carbonates et les laitiers cristallisés.

Le trafic de laitiers évoluera dans les années à venir. Il deviendra avant tout une affaire de cimentiers. En 2009, plus de 90 % des 2,2 Mt de laitiers produits par les trois hauts fourneaux sera granulé et destiné à entrer dans la constitution du au ciment classique. Les deux opérateurs, Calcia et Holcim, s’efforceront d’un utiliser une part la plus grande possible dans leurs installations de proximité. Mais une partie qu’il est impossible d’évaluer aujourd’hui devra être transportées plus loin, notamment vers des stations de mélange portuaires, à Anvers, Bordeaux, Rouen. L’important trafic transmanche de laitier cristallisé, souvent en vrac, sera donc transformé en cabotage continental, aux bons soins des cimentiers.

Trouble-fête

Ces derniers n’apprécient guère l’arrivée de l’homme d’affaire Paul Albrecht et de ses associés espagnols et portugais dans leur région. Après un premier échec en compagnie du trader barcelonais Antonio Almazan (International Cement Advisers), auteur de la construction du terminal Vracs du Nord, repris par Holcim, Paul Albrecht revient avec deux associés majeurs. Tout d’abord, il reprend et transforme d’une part le terminal SGD, à l’arrière des quais, d’autre part le terminal Silonor, à l’extrême est du bassin minéralier. SGD est un vaste entrepôt de 46 000 m2 actif dans le stockage d’intervention, les aliments pour le bétail, les minéraux et produits chimiques.

Silonor bénéficie de plus de 10 M€ d’investissement en trois ans. Le quai a été renforcé par le Port autonome, un terre-plein est comblé à l’arrière, une nouvelle grue hydraulique a été mise en service cette fin mars. L’entrepôt lui-même comprend une cellule étanche de 30 000 m3 destinée à des pulvérulents sensibles (du type ciment), et une série de cellules modulables destinées à recevoir des trafics de minéraux. Dans cette affaire, Paul Albrecht s’est associé au cimentier portugais Secil. Par ailleurs, associé cette fois au groupe coopératif espagnol Cementos La Union, la société Nord Broyage Dunkerque, contrôlée indirectement par Gamma Logistics Investment, le holding de Paul Albrecht, va investir quelque 20 M€ d’ici à début 2007, sous réserve d’autorisation d’exploitation, dans la construction d’une station de broyage de clinker à proximité immédiate de SGD. Nord Broyage Dunkerque espère importer 300 000 t de clinker la première année, et 500 000 t la seconde, ce qui ressemble fort à une déclaration de guerre à l’industrie en place du ciment. Laquelle ne manquera pas de se défendre vigoureusement.

La pierre ponce s’envole

Après quatre ans de difficultés, Cogebloc, une filiale d’un carrier basé dans la région parisienne mais propriétaire de différents sites dans le monde, semble avoir trouvé une clientèle pour son concept de bloc mono mur de pierre ponce Cogetherm.

Il s’agit d’un parpaing dont le pouvoir isolant est lié aux qualités mêmes de la pierre ponce. Le matériau est importé de Méditerranée orientale par petites unités, ou d’Amérique latine – côte Pacifique par navire plus importants. Si les bonnes perspectives actuelles se confirment, Cogebloc peut générer un trafic de plus de 50 000 t/an. L’entrepôt et la ligne de fabrication sont installés sur l’un des premiers môles du port est, dans un bâtiment ancien du PAD.

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