Depuis le 26 janvier, les US Coast Guards (USCG), chargés du contrôle des navires étrangers dans les ports américains (PSC), ont reçu de nouvelles instructions concernant la mise en œuvre de la nouvelle annexe I de la convention internationale Marpol pour la prévention de la pollution marine. Entrée en vigueur le 1er janvier dernier, cette annexe fixe de nouvelles conditions au rejet à la mer des résidus d’hydrocarbures des navires-citernes lorsqu’ils se trouvent à plus de 50 nautiques du rivage. Le guide de 10 pages fournit aux inspecteurs américains une procédure de tests.
En mars 2005, l’attention des USCG chargés du PSC avait été attirée sur les voies et moyens de contrôler l’intégrité et le bon fonctionnement des séparateurs eau/hydrocarbures ainsi que la bonne tenue des registres de bord. Il en avait résulté plus de $ 35 millions d’amendes infligées à seulement deux armateurs internationaux, amateurs de "tuyauterie magique". Pour 2006, à quelle hauteur est le défi?
De leur côté, les 22 États membres du mémorandum de Paris sur le PSC ont annoncé le 25 janvier qu’ils lançaient une campagne de contrôle ciblée sur le bon respect de cette nouvelle annexe I. En conséquence, durant trois mois, jusqu’au 30 avril prochain, les inspecteurs du PSC vont examiner en détail les séparateurs eau/hydrocarbures et la tenue des registres de bord. Cette opération sera menée en parallèle avec celle décidée par les États membres du mémorandum de Tokyo.
Pour réaliser les quelque 4 500 inspections prévues, 13 points de contrôle ont été définis. En cas de déficience, les inspecteurs conduiront une visite approfondie sur tous les autres chapitres de Marpol, y compris le comportement de l’équipage.
Toujours précautionneux, le North of England P & I Club attire l’attention des armateurs sur la nécessité de bien anticiper la mise en œuvre mondiale, probablement en janvier 2009, de la nouvelle convention de l’OMI sur la gestion des eaux de ballast. Adoptée en février 2004, cette convention prévoit que tout navire de plus de 400 tjb devrait remplacer au moins 95 % de ses eaux de ballast à au moins 200 miles nautiques d’un littoral et par une profondeur minimale de 200 m. Le renouvellement des eaux de ballast peut être fait ballast par ballast ou tous ensemble; l’OMI recommandant de réaliser cette opération trois fois pour s’assurer qu’au moins 95 % des eaux ont été changées.
Les deux méthodes génèrent de nouvelles contraintes mécaniques sur le navire à différents endroits, cloisons, plafond de ballast, murailles, etc. pour lesquelles le navire n’a pas été conçu à l’origine.
Entre 2009 et 2016, selon leur âge et leur capacité de ballastage, tous les navires vont devoir s’adapter à la nouvelle convention qui précise les concentrations acceptables ainsi que les espèces et les tailles des animalcules tolérées.
Certains navires devront être rééquipés de nouveaux ballasts respectant la nouvelle réglementation, souligne le P & I.
M.N.