La Russie, prête à payer les surcoûts

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Pour inciter les navires à utiliser l’Arctique (russe) plutôt que le Canal de Suez, la Russie se dit désormais prête à payer les surcoûts de navigation pour les armateurs… Et à créer un opérateur public armant des porte-conteneurs brise-glaces. Un genre de « Arctic Express », réagit Mikaa Mered, sans doute l’un des plus experts en France pour décrypter les enjeux de ce pôle si lointain.

« Cette société d’État armerait des brise-glaces pour le compte d’armateurs étrangers de/vers Mourmansk à l’Ouest jusqu’à Kamchatka-Petropavlovsk. En offrant un tel service, Moscou cherche à répondre aux armateurs tels que MSC et CMA-CGM qui disent s’engager à ne pas passer par le Nord pour leurs porte-conteneurs. La Russie espère ainsi attirer les investisseurs étrangers qui hésitent encore ». MSC vient en effet de rejoindre CMA CGM (annonce faite le 23 août) et Hapag-Lloyd (annonce faite le 30 septembre) dans leur « intention » d’exclure les eaux arctiques pour le transport de conteneurs entre l’Europe et l’Asie. Pour des raisons « environnementales ». Maersk a expérimenté les eaux glacées mais pas pour un usage commercial en dépit des apparences : il avait fait construire trois navires de classe 1A auprès de chantiers sud-coréens, qu’il a rapatriés par le Nord, saisissant l’opportunité pour en faire une opération de communication.

Pour le professeur de géopolitique à l’Ileri Paris et spécialiste des pôles Arctique et Antarctique, l’idée russe n’est pas saugrenue, le développement de la route Arctique maritime russe étant entravé aujourd’hui par le maillon manquant entre Mourmansk Kamchatka-Petropavlovsk. « La Russie cherche à devenir une passerelle entre l’espace Atlantique et l’espace Pacifique et pour ce faire, elle doit faire vivre l’idée que cette passerelle eurasiatique arctique n’est pas une chimère et inciter à ce que les routes maritimes arctiques soient rapidement utilisées », analyse-t-il.

Pendant ce temps, Cosco, via Cosco Shipping Specialised Carriers, exploite ces passages pour des trafics bien spécialisés, avec une vision stratégique épousant la « Ice Silk Road » portée par la Chine. Il a d’abord « envoyé » le cargo Yong Sheng de 19 462 tpl (1 232 EVP) en septembre 2013 et a ensuite éprouvé d’autres passages, deux en 2015, six en 2016, cinq en 2017, huit en 2018, et dix cette année.

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