Le Wind of Hope, navire-témoin des ambitions dans l'éolien offshore

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La construction du sistership du Wind of Change avance. Il a été mis à l’eau ce 21 septembre sur le chantier naval turc de Cemre. Le navire de services en support à l’éolien offshore, construit pour le compte de l'armateur Louis Dreyfus Armateurs, sera affrété à long terme au leader danois de l'énergie éolienne Ørsted. LDA n’est pas le seul à s’intéresser au marché...

Avec les Wind of Change et Wind of Hope, Louis Dreyfus Armateurs est entré par la grande porte sur le marché des énergies maritimes renouvelables (EMR), qu’il a eu l’intuition de défricher il y a déjà une dizaine d’années en se positionnant dans le soutien et l'assistance. L’armateur ne se prive d’ailleurs pas de rappeler qu’il a remporté la mise – pour la commande du premier navire d’assistance aux champs éoliens –, face à 16 compétiteurs bien implantés sur le marché. Et ce, sans avoir de track record, mais en se servant de son expérience dans l'offshore et les opérations maritimes complexes sismiques, à l’instar de la pose et la maintenance de câbles sous-marins, une autre des activités diversifiées de l’opérateur historique de vrac sec.

Battant pavillon français (Registre international français), le Wind of Hope fait, comme son aîné, l’objet d’un contrat d’affrètement long terme avec Ørsted, un contact à avoir dans son carnet d’adresse pour qui s’intéresse à ce marché. L’énergéticien danois est le premier développeur mondial de parcs éoliens, revendiquant 17 % de la puissance connectée et 16 % du marché global en 2019 devant l’allemand RWE (12 % du marché) et le suédois Vattenfall (7 %). Fin 2019, Ørsted disposait de 6,8 GW d’éoliennes en mer en service dans le monde, 3 GW en construction et 5 GW en développement.

Services à valeur ajoutée

Alors que le Wind of change a débuté sa carrière en mer en mai 2019 sur les champs éoliens offshore allemands Borkum Riffgrund 1 & 2 et Gode Wind 1 & 2, mis en service entre 2015 et 2018, le Wind of Hope devrait démarrer son service l’an prochain pour desservir le parc éolien anglais Hornsea 2, également exploité par l’énergéticien danois Ørsted. Il avance. Le second SOV a été mis à l’eau le 21 septembre au chantier naval turc de Cemre. Basé à Grimsby, port britannique, il pourra accueillir jusqu'à 64 techniciens chargés de l'entretien et la maintenance des éoliennes, ainsi qu'un équipage supplémentaire. 

Long de 84 m pour une largeur de 19,4 m, propulsé par un moteur diesel électrique avec positionnement dynamique DP2, le navire de services dispose d’une passerelle à compensation de mouvement d’environ 19 m de portée permettant aux techniciens de se rendre au travail depuis le navire directement sur la pièce de transition de l'éolienne à laquelle ils doivent accéder, tandis que l'héliplate-forme du bord permet des transferts efficaces de l'équipage et de la cargaison, indique l’armateur qui estime disposer avec ses deux navires de ce que le marché peut offrir de mieux, « flexible » et « polyvalent ».

Deux appels d’offres par an

Si Louis Dreyfus Armateurs a réédité le succès, il n’embarquera pas, comme il l’espérait, avec Ørsted à Taïwan, où le danois est également en charge du développement du champ éolien taïwainais Great Changhua. L’énergéticien a préféré au français l’opérateur nippo-taïwanais Ta San Shang Marine et le constructeur norvégien Vard.

Quoi qu’il en soit, à en croire les données sur le potentiel du marché, il ne se trompe pas d’ambition. Il devrait y avoir un à deux appels d’offres par an pour des navires de ce type dans la décennie à venir alors que l’on compte actuellement une dizaine de SOV dédiés en service. La part du marché de l'éolien est promise à une croissance de 15 % par an d'ici à 2030. L’Europe a installé 3 623 MW d’éolien en mer en 2019, selon les statistiques présentées par WindEurope en début d’année. Au total, fin 2019, la puissance éolienne offshore en service en Europe s’élevait à 22 072 MW et comptait 5 047 turbines reliées au réseau dans 110 parcs.

Manifestations d’intention déclarées

Louis Dreyfus Armateurs n’est pas le seul « transfuge » du vrac à s’intéresser au marché de l’éolien offshore, bien qu’il ait quelques longueurs d’avance. Les manifestations d’intention se sont multipliées ces dernières semaines, à commencer par une filiale du leader danois du transport maritime de conteneurs Maersk et l’opérateur de vraquiers monégasque Scorpio Bulkers, qui ont clairement affiché leur appétit pour ce relais de croissance à leurs activités en déclin. Maersk Supply Service, sous perfusion depuis la récession des marchés pétroliers, a annoncé qu’il allait développer sa part dans l’éolien dans les prochaines années.

Scorpio Bulkers, fatigué de la volatilité de son activité principale, entend aussi se positionner dans les EMR. La compagnie maritime, dirigée par Robert Bugbee, aurait conclu un accord préliminaire pour prendre livraison en 2023 d'un navire de services à l’éolien avec option pour trois autres. Le contrat, d'une valeur de 265 à 290 M$, devait être signé au quatrième trimestre de cette année.

Odfjell Drilling a fait part fin août de sa volonté d'entrer sur le marché. Quant au norvégien Offshore Heavy Transport (OHT), le propriétaire exploitant de flotte cherche également à se verdir au point de jalonner sa sortie définitive du pétrole et du gaz à 2026. La société envisage d’acquérir deux navires capables d'installer des éoliennes en mer. « Une fois que l'entreprise aura pris livraison des deux nouveaux navires, jusqu'à 90 % des activités devraient provenir des énergies renouvelables », indique la compagnie qui, il y a encore cinq ans, était dominé à 80 % par le pétrole et le gaz.

Tous font aussi valoir qu’il y a un autre intérêt à se positionner dans les énergies marines renouvelables : certes se rendre visibles par de futurs clients, investisseurs, financiers frugaux, mais aussi « de la sphère publique ». Ce qui peut s’avérer utile à un moment où les EMR devraient bénéficier d’investissements publics conséquents dans le cadre du Pacte vert (Green Deal) lancé par le nouvel exécutif européen.

Adeline Descamps

 

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