Baisse de trafic dans les ports russes de 30 %

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Le trafic maritime des ports russes a chuté d'un tiers depuis l'invasion de l'Ukraine, reflétant l’impact des sanctions internationales sur l’économie du pays. En matière d’embargo, l’histoire a tendance à montrer que les compagnies agissent non pas en fonction de ce qui est sanctionné mais de ce qui est susceptible de l’être demain.

Selon les données de Projet44, une entreprise dont les solutions logistiques SaaS permettent aux chargeurs de suivre en temps réel leur fret, le volume des navires a diminué de 30 % dans les ports de Russie depuis l'imposition des sanctions occidentales fin février et les réticences des entreprises étrangères à traiter avec des entreprises russes.

Au port à conteneurs de Saint-Pétersbourg, les escales ont chuté de 60 % la semaine dernière, avec seulement 14 navires ayant fait escale contre une moyenne de 32, en principe opérés par les opérateurs des grandes lignes, CMA CGM, Hapag-Lloyd, Maersk, MSC et Cosco/OOCL. Le terminal était en outre desservi par des services directs de Samskip, Unifeeder et X-Press Feeders qui ont annulé quelques touchés, mais visiblement pas tous.

Le CMA CGM Neva, le MSC Shannon, le MSC Atlantic ou encore le Delphis Bothnia, exploité par Cosco, ont ainsi fréquenté Saint-Pétersbourg la semaine dernière. Unifeeder a également effectué trois escales tandis que le Ida Rambow, affrété par l'armateur allemand Rambow Bereederungs, était attendu. Pour certains d’entre eux, ce sont probablement les derniers voyages, CMA CGM, Maersk et Hapag-Lloyd ayant annoncé la fin des réservations pour les destinations Ukraine et Russie une fois le fret en cours déchargé. 

Sanctionnable

Selon la société d'analyse prédictive maritime Windward, jusqu'à 65 millions de barils de brut russe se trouveraient actuellement à bord de 90 pétroliers, dont le port de destination n’était pas affiché tandis que le bataillon de navires russes sans affectation augmente de semaine en semaine. 

L’histoire des embargos internationaux a tendance à montrer que les compagnies agissent non pas en fonction de ce qui est sanctionné mais de ce qui pourrait l’être demain. Ainsi, en septembre 2019, lorsque les États-Unis ont sanctionné la compagnie pétrolière Cosco Dalian pour avoir transporté du brut iranien, la mesure ciblait une vingtaine de pétroliers. Mais par précaution les affréteurs se sont tenus passés de l'ensemble de la flotte de 150 pétroliers de la société-mère Cosco. L’affaire a provoqué une flambée des taux spot des pétroliers.

Réputation et sanctions

L’histoire se répète. Les sanctions n'ont pas encore visé spécifiquement les exportations russes de pétrole et de gaz ni les marchandises conteneurisées (usage civil) mais la plupart des transporteurs se sont retirés du marché dès les premiers jours du conflit. Dans le conteneur, cela se voit immédiatement. Les six premiers transporteurs contrôlent 62 % de la capacité mondiale, selon les données d'Alphaliner. Dès lors qu’il y a en a deux ou trois qui se désengagement, le vide est patent.

Dans le cas de la Russie, qui est intervenu en violation du droit international, à la crainte de contrevenir aux réglementations internationales vient se greffer le risque de réputation.

Dans le pétrole, peu d'armateurs sont aujourd'hui disposés à transporter du pétrole russe, ce qui entraîne une désertion des terminaux. D’autant que le négoce du pétrole fait intervenir de nombreux intermédiaires. « Non seulement vous devez vous assurer qu’un transport est légalement autorisé, mais vous devez également vous assurer que toutes les autres parties à la transaction sont de cet avis. Sinon, vous ne serez pas payé, vous n'aurez pas de cargaison complète ou vous perdrez votre assurance », résume un analyste de chez Clarksons.

Accumulation rapide de sanctions

il faut ajouter un autre niveau de risque : le bloc occidental débite les sanctions à pas cadencés et de façon incroyablement concertée si bien qu’une charte-partie peut très vite devenir caduque, indique le consultant.

Par défaut, faute de pouvoir assimiler un corpus réglementaire de 1 200 pages voire de passer au microscope le pavillon du navire, sa structure de propriété et ses derniers changements de propriété sur la base Equasis, l’on comprend que les sociétés préfèrent décliner la proposition...

A.D.

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