L’incident de Rastatt en Allemagne, qui a paralysé le trafic de fret sur le corridor de la Vallée du Rhin l’été dernier, est revenu à plusieurs reprises dans les débats lors de la dernière assemblée générale du Groupement national des transports combiné (GNTC). Cet épisode a en effet pointé les limites du système ferroviaire européen actuel. "Un quart des trains ont pu être déviés, mais certains clients ont du arrêter leur production et ont fait faillite", a indiqué Ralf-Charley Schultze, président de l’Union Internationale pour le transport combiné Rail-Route (UIRR).
Peu d’alternative de repli
Dans les faits, l’interruption de trafic durant sept semaines, engendrée par un affaissement de voie, semble avoir mis en exergue l’absence de solution de repli vers d’autres modes de transport. "Cela n’a pas conduit à un franc report sur la route, car les capacités des transporteurs étaient insuffisantes", souligne Ralf-Charley Schultze.
L’option de recourir à d’autres lignes ferroviaires du réseau européen n’a pas non plus permis d’assurer une continuité minimale de service. "Les corridors donnent une structure mais ne sont pas opérationnels en temps de crise. Aujourd’hui, les États membres limitent leurs réflexions à leurs frontières. Une réelle coordination entre les différents pays est nécessaire", avance Ralf-Charley Schultze.
Pas assez de trains voyageurs
Enfin, la recherche de capacités supplémentaires n’a pas non plus trouvé suffisamment d’écho sur le versant voyageurs. "Il aurait également été utile que les entreprises ferroviaires puissent libérer des sillons voyageurs", estime Ralf-Charley Schultze. Pourtant, "nous avons détourné un certain nombre de trains voyageurs en dépit de marges négatives à l’arrivée à Forbach", témoigne Romain Dubois, directeur général adjoint Accès réseau de SNCF Réseau. Mais là encore, les marges de manœuvre étaient insuffisantes.