Jakob Sidenius, le PDG de Seayard, venant de succéder à Alain Mistre à la présidence de l'Union maritime et fluviale de Marseille-Fos (UMF), dévoile ses premières convictions à trois mois de la mise en place des grands dossiers aux côtés des administrateurs.
Nouvelle preuve que le métier de la manutention portuaire remporte souvent tous les suffrages auprès de toute la place portuaire, le PDG de Seayard Jakob Sidenius vient d'être élu à la présidence de l'Union maritime et fluviale de Marseille Fos (UMF). Son mandat démarre deux ans seulement après la fin de celui de Jean-Claude Sarremejeanne, à l'époque PDG de Sosersid, qui avait cédé la barre à Alain Mistre.
Attentif à une organisation démocratique de l'association, le nouveau président d'origine danoise préfère attendre pour l'heure le mois de septembre qu'une "nouvelle feuille de route lui soit communiquée par les administrateurs" avant de dévoiler au grand jour les axes forts de sa présidence.
Quelques premières convictions
À l'aube d'un premier mandat de deux années, Jakob Sidenius a toutefois laissé entrevoir ses convictions. Il a indiqué que l'UMF allait continuer à travailler sur le dossier de "l'amélioration de compétitivité".
Selon lui, Marseille-Fos détient "un beau potentiel de développement" mais aussi quelques "marges de manœuvres".
Son métier d'opérateur de terminal lui fait garder à l'esprit que le port phocéen fait face à "quelques concurrents très divers tels que Barcelone, Anvers et Gênes".
À ses yeux, "l'essentiel est de savoir identifier dans un premier temps tous les marchés dans le but de gagner des parts de marché". Un double objectif permettant "de créer des emplois et de la richesse sur la place".
"Un planning à long terme"
Le PDG de Seayard prend pour exemple Dunkerque qui, selon lui, "une place portuaire de bonne adhésion. Car toute la place est derrière son port".
Et de souligner : " À Dunkerque, les portuaires savent anticiper. Ce qui leur permet de répondre plus rapidement".
En matière portuaire, "on est sur un planning à long terme", explique le nouveau président de l'UMF. Il prône à cet égard "cohérence et visibilité".
Au plan social, il lui semble cependant "difficile d'effectuer à Marseille un coupé-collé avec Dunkerque".
Questionné sur les déceptions de la CGT du golfe de Fos en termes de créations d'emplois par des industriels venant s'implanter sur le foncier portuaire, il estime à son tour : "sur le domaine public maritime, vu que le foncier est rare, il vaut mieux attirer des entreprises ayant un lien avec l'activité portuaire que des usines n'ayant pas de lien avec le maritime".
Après avoir rappelé sa conviction selon laquelle "les investissements portuaires sont très peu risqués", il estime que pour "attirer l'investissement privé, nous avons tous besoin dans un port de l'investissement public".
Pour sa part, Christophe Castaner, le président du conseil de surveillance du Grand Port maritime de Marseille, a saisi l'occasion de l'élection de Jakob Sidenius à la présidence de l'UMF pour inviter élus et administrations de la place portuaire à créer un pacte. À cet égard, il a pris lui-aussi l'exemple du port de Dunkerque où il a observé une "logique de pacte solide".
Au chapitre de la transition énergétique, Christophe Castaner, qui a salué la forte croissance de la croisière dont a bénéficié le port de Marseille-Fos ces dernières années, a proposé à Jakob Sidenius de faire "la troisième révolution en termes de décarbonation".
Autre chantier qui attend le successeur d'Alain Mistre, la mission Méditerranée Rhône-Saône "qui vise le Grand Port maritime en grand", le président du conseil de surveillance a affirmé : "On a déjà perdu trois ans. On est en attente des mandats".
"Gagner des parts de marché pour créer des emplois et de la richesse sur la place"